Pour compléter l’article "la CPU annonce que la CPU signe l’appel de Berlin" (voir l’article sur ce site).
Dans la Lettre de la CPU, Lettre du 27 novembre 2009 - n°26 (consulter en ligne dans les archives de la CPU), on peut lire ceci :
« Le mouvement de l’Open Access (Libre Accès) consiste quant à lui à opérer une diffusion libre et gratuite de revues à comité de lecture[2] ou d’articles directement déposés dans des dépôts institutionnels. En Espagne ou aux États-Unis, des lois sont en préparation pour imposer à tout chercheur financé par des fonds publics de déposer ses travaux dans des dépôts électroniques institutionnels. En Allemagne, un accord passé avec l’éditeur Springer oblige les chercheurs à déposer leurs articles simultanément chez l’éditeur et dans un dépôt institutionnel (préservant à long terme la recherche allemande). Ces solutions existent : pourquoi ne pas s’en inspirer pour que les chercheurs puissent continuer à lire et non pas périr ?
La CPU appelle donc de ses vœux une politique nationale de l’Information Scientifique et Technique pour réaffirmer le rôle de la recherche française dans la communauté internationale. Dans cet esprit, en s’appuyant sur l’expérience de nos homologues européens, la CPU a proposé à la commission en charge du grand emprunt national que soit mise en œuvre une politique de licence nationale pour les périodiques scientifiques, avec rachat des ressources électroniques des années antérieures ; et que ce projet s’inscrive dans le cadre de la construction d’une bibliothèque numérique européenne, rassemblant l’ensemble des ouvrages publiés. »
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Nous pouvons constater que la CPU connait les évolutions politiques concernant l’Open access en Espagne, aux Etats-Unis (USA), et en Allemagne. Et que nos doctes responsables se posent courageusement la question : « pourquoi ne pas s’en inspirer ? ». Très bien, les contributeurs militants pour les archives ouvertes apprécient. Quelles conséquences ? « En s’appuyant sur l’expérience de nos homologues européens », la CPU « appelle donc de ses vœux » qu’une loi impose à « tout chercheur financé par des fonds publics de déposer ses travaux dans des dépôts électroniques institutionnels » (ie. archive ouverte, HAL en français). Mais non, point du tout. La CPU « appelle donc de ses vœux une politique nationale de l’Information Scientifique et Technique pour réaffirmer le rôle de la recherche française dans la communauté internationale », une belle phrase bien creuse. Et un petit coup de grand emprunt, « avec rachat des ressources électroniques des années antérieures », pour que « ce projet s’inscrive dans le cadre de la construction d’une bibliothèque numérique européenne, rassemblant l’ensemble des ouvrages publiés. ». Libre accès ? Archive ouverte ? Obligation ? Point du tout, rien de tout cela. Et pendant que nos collègues européens participent activement, volontaires pas encore obligés, par contribution scientifique directe en auto-archivage (ie, en déposant leurs publications en libre accès dans des archives OAI institutionnelles) à la constitution de la bibliothèque électronique européenne, les universités de la CPU mettent en place sur HAL des portails institutionnels dédiés, qui font la promotion des notices bibliographiques, participant ainsi à la confusion entre "archive ouverte" et "notices bibliographiques", soit le contraire des archives ouvertes, car, n’est-ce-pas, une référence bibliographique n’est pas un document en libre accès. Entretenant ainsi nos collègues français, qui ont bien du mal à comprendre la révolution numérique, dans la consternante persuasion que déposer sur HAL des notices est participer aux archives ouvertes. La recherche française est bien mal barrée.
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Portails
La concurrence inter-universités, provoquée par la course aux PRES, grand emprunt et autres bienfaits de la la LRU a amené es universités à faire créer par Hal des "portails".
On peut se poser la question de l’utilité de ces "portails", puisque les contributeurs continuent à déposer depuis HAL générique (les dépôts remontant automatiquement dans les portails), par rapports aux traditionnelles "collections" tamponnant en automatique les dépôts affiliés à une université, ou à un organisme.
Quelques exemples de "portails" universitaires sur HAL, qui affichent les "documents avec texte intégral" (soit vrai "archive ouverte") et les "références bibliographiques" (soit pseudo "archive ouverte", dépôts qui ne seront pas renseignés dans la banque européenne d’archive ouverte). En date du 28 mars 2010.
- Archive ouverte HAL-ARTOIS http://hal-univ-artois.archives-ouvertes.fr/ = 119 documents / 326 références bibliographiques
- Archive ouverte Université Paris 1 http://hal-paris1.archives-ouvertes.fr/ = 2397 documents / 5790 notices
- Université Jean Moulin Lyon III http://hal-univ-lyon3.archives-ouvertes.fr/ = 515 documents / 3352 notices
- Université de Bretagne Occidentale http://hal.univ-brest.fr/ = 531 documents / 982 notices
- Archive ouverte Université de Savoie http://hal.univ-savoie.fr/ = 1555 documents / 6052 notices
- Université de Limoges http://hal-unilim.archives-ouvertes.fr/ = 275 documents / 3338 notices
On remarque avec plaisir que quelques universités n’affichent que les documents plein-textes.
- Archive ouverte HAL-UNIVERSITE PARIS-DESCARTES http://hal-descartes.archives-ouvertes.fr/ = 801 documents
- Université Jean Monnet – Saint-Etienne http://hal-ujm.ccsd.cnrs.fr/ = 568
- Université de Nantes http://hal.univ-nantes.fr/ = 1843
- Archive ouverte HAL-NICe http://hal-unice.archives-ouvertes.fr/ = 2063
Chez Eliane Daphy