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Ce qui est formidable quand on est CNRS travaillant à l’EHESS (1)

Eliane Daphy Ingénieure CNRS, affectée au IIAC UMR8177 CNRS/EHESS

mercredi 12 mai 2010, par Eliane Daphy

Ce qui est formidable quand on est CNRS travaillant dans un laboratoire en co-tutelle EHESS, c’est qu’on reçoit des invitations à venir écouter des conférences prestigieuses. Par exemple, celle-là :

Carlo Ginzburg, professeur à l’Ecole Normale Supérieure de Pise : « Lectures de Mauss. L’essai sur le don », mardi 8 juin 2010, dans le Grand amphithéâtre de la Sorbonne, dans le cadre de la 32e Conférence Marc Bloch.

Superbe : un grand show en direct-live.

Invitation EHESS Carlo Ginzburg, professeur à l'Ecole Normale Supérieure de Pise : « Lectures de Mauss. L'essai sur le don »

Comme je n’ai pas de bureau à l’EHESS, et que l’EHESS ne peut pas faire autrement que de m’envoyer mon courrier à mon adresse professionnelle fictive (le bureau du secrétariat du IIAC, quelques mètres carrés en soupente au 105 boulevard Raspail), je reçois des belles invitations, toujours envoyées à ma pseudo-adresse professionnelle. La secrétaire du IIAC fait suivre à ma vraie adresse professionnelle, à savoir mon domicile personnel. Quelquefois, la secrétaire est en vacances ou en formation (c’est son droit le plus strict), donc le courrier met du temps à arriver, ce qui est normal, d’autant que j’habite chez les sauvageons en Seine-Saint-Denis, et pas dans les beaux quartiers de Paris. Ce qui fait que je reçois les belles invitations après la date limite de réponse.

Réponse à l'invitation Invitation EHESS Carlo Ginzburg, professeur à l'Ecole Normale Supérieure de Pise : « Lectures de Mauss. L'essai sur le don »

Alors je passe un coup de fil de mon petit téléphone personnel (aucune compensation par le IIAC, le CNRS ou l’EHESS pour mes petits frais professionnels obligatoires dus au non-respect par l’EHESS du contrat quadriennal EHESS-CNRS, où l’EHESS est hébergeur) : ce n’est pas grave, parce que c’est bien connu, en Seine-Saint-Denis l’EDF, GDF, les prestataires Internet ne font pas payer leurs services - ni le gaz (chauffage), ni le téléphone, ni l’abonnement Internet, ni l’électricité – aux personnels CNRS travaillant à l’EHESS.

Et la réponse est toujours la même : très sèche : il m’eût fallu répondre AVANT la date limite, de préférence tout de suite, dès réception de l’invitation. Exactement ce que j’ai fait, j’ai répondu ventre à terre. La personne désagréable qui me répond au téléphone précise toujours qu’il fallait répondre par courrier, et qu’il ne convient pas de déranger les gens qui travaillent sérieusement en ne respectant pas les consignes : "c’était bien précisé de répondre par courrier". Je présente alors mes excuses les plus plates pour mon manque de rigueur et de professionnalisme.
_Ca rappelle le bon vieux temps de la précarité avant Internet, celui des appels d’offres dont nous étions informés APRES leur clôture : « j’ai le plaisir de vous informer de l’appel d’offres que vous avez loupé, car la date limite de candidature est dépassée ».

Ce n’est pas grave : je peux ensuite écouter la conférence sur le post-cast de l’EHESS. Un peu comme si je n’étais pas dans un laboratoire de l’EHESS, en quelque sorte.
Ce que je fais, en me préparant un petit verre de Clairette de Die (le Champagne, c’est un peu cher) et des petits fours avec de jolies couleurs (achetés chez Pas-Cher-Bas-De-Gamme), et à la fin de l’écoute, je trinque avec moi-même en me regardant dans la glace.

Les grands spectacles scientifiques, je les préfère en live : l’ambiance dans la salle, les gestes du conférencier, le cocktail après. Le show en conserve, comme disent les musiciens pour la musique enregistrée (disques) depuis son invention, ce n’est jamais aussi bon. C’est toujours meilleur en live.


Les petites brimades subies au jour le jour sapent le moral et détruisent l’estime de soi. C’est encore pire quand le travail que l’on fait ne reçoit aucun soutien. Mais je tiendrai le pari que je me suis fait à moi-même. Les archives ouvertes du IIAC, en quatre ans, dépasseront les 500 documents en ligne. J’ai jusqu’au 30 septembre pour y arriver, il me reste donc un peu plus de quatre mois. Je donnerai la priorité aux ouvrages du CNRS épuisés, autorisation globale du CNRS. Et je paierai leur numérisation de ma poche, avec ma prime de participation à la recherche scientifique bi-annuelle d’ingénieure CNRS. La normale, de prime : sans un rotin de prime supplémentaire. Pour remplir mon pari, juste pour le fun et la gloire.

Salut à la Russie, Daphy Eliane

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