Chez Eliane Daphy (site officiel - méfiez-vous des contrefaçons)

Accueil > Chansons-papier et édition musicale : recherche en cours > Chansonnettes > Le paradis des musiciens. Lettre à Jean-Claude Klein

Le paradis des musiciens. Lettre à Jean-Claude Klein

dimanche 16 octobre 2011, par Eliane Daphy

J’ai retrouvé caché derrière une étagère ton exemplaire dédicacé de Florilège. Je l’avais égaré, et je m’en était acheté un autre exemplaire.

J’ai scanné ta dédicace, et je la mets en ligne sur cette page.

Nos discussions sur les chansons me manquent, comme les bals, les concerts, les brocantes que nous faisions ensemble à la recherche d’ouvrages ou de partitions. Tu te souviens ? Je cherchais la partition de l’l’Hirondelle du faubourg, « pauvre petite fleur d’amour », cette chanson qui était au répertoire de ma grand-mère et que j’avais hurlé dans les manifs avec les copines féministes du MLAC. Et nous ne la trouvions pas. Mais nous avions trouvé beaucoup de Nuits de Chine. Ces chansons étaient au répertoire des fêtes des cerises dans le jardin à Clichy-sous-Bois.

La diffusion des connaissances sur l’histoire de la chanson suit de nouveaux chemins, avec l’arrivée d’internet. Leroi-Gourhan aurait apprécié ; tu te souviens de nos discussions sur Leroi-Gourhan, Perriault, le changement technique dans la musique, la préhistoire du son ?

Tu te souviens de Vibrations, et des copains qui savaient déjà où ils voulaient arriver, tout en haut de l’échelle ?

Depuis cet été, je contribue sur Wikipédia, l’encyclopédie libre. Un des motifs de ma décision a été de te rendre la paternité de tes écrits. Tes œuvres ont folklorisé, et te voilà désormais pillé sans être cité par des voleurs qui référencent en petit sur une page difficile d’accès un seul de tes bouquins, et font semblant d’ignorer les autres. Ils t’avaient même prénommé Jean-Pierre, j’avais hurlé bien fort, ils t’avaient rendu ton prénom. Claude, comme l’empereur romain, et pas Pierre, comme celui où l’église sera construite.

Tu te souviens des discussions avec Gérard sur les structures binaires et ternaires ?

Sur Wikipédia, aujourd’hui, j’ai été disqualifiée et traitée de tricheuse, exactement d’experte Shadock. Ca m’a démolie, c’était l’objectif ; et ce soir j’ai un peu le cafard.

C’est normal, aujourd’hui, c’est dimanche.

Dans le projet Wikipédia, dont l’objectif généreux est de partager les connaissances, sévissent des gens nocifs nommés en langage émique les vandales. Ils détruisent, sont doubles, mettent des cacas partout.

Je suis une femme, alors quand je vois des cacas, je nettoie. C’est pour cela que beaucoup de femmes sont correctrices, ou secrétaires de rédaction. Elles re-lisent, elles n’écrivent pas.

Tu sais, rien n’as vraiment changé.

Sardou n’a pas été brûlé.

Il y a surtout beaucoup de gens épatants (cette petite femme là), qui viennent spontanément vous aider, avec qui on s’engueule et on se rabiboche au cours de discussions écrites. Dans notre nouveau monde nommé internet, les échanges se font par écrit avec des inconnus. Ces échanges laissent un sentiment d’étrangeté, où l’imaginaire règne en maître. J’ai la chance de travailler avec un belle voix – est-ce celle d’un vir ou d’une mulier, à vrai dire je ne sais… La Voix est celle que l’on imagine dans sa tête, il y a pas de son dans ces échanges avec des inconnus.

J’ai décidé ce soir de tenir un journal, pour te raconter Wikipédia et les chansons. Je te raconterai bientôt comment et pourquoi un historien a demandé la suppression de la page que j’avais créée pour la chanson l’Etoile du marin.

Tous les marins ont une étoile.


Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)